L'historique du club

En 1919, après la terrible guerre de 14-18, fut crée à Soual l'Association de Gymnastique et de tir afin de donner à la jeunesse locale le goût de l'émancipation par le sport pour préserver contre tout nouveau conflit éventuel. Mais très vite la jeunesse adopta la pratique du football et en 1921 fut crée par M. Roger Donadille un club de football association sous l'appellation de "l'Union Sportive Soualaise". M. Roger Donadille occupait à Soual les fonctions d'instituteur, de secrétaire de mairie, de Président de la société de musique " La Lyre soualaise", qui regroupait tout de même une vingtaine de membres, et dorénavant, Président-fondateur de l'Union Sportive Soualaise. A cette époque Soual comptait 1500 habitants. Le maire était M. Lencou, propriètaire-exploitant et le premier adjoint, M. Théodore Rouquier, hôtelier et restaurateur. Les principales ressources locales étaient le commerce très développé (6 épiceries ; 4 boucheries ; 3 boulangeries), l'agriculture, surtout l'élevage et les marchés lesquels étaient les plus importants de la région (4 hôtels) grâce à la gare très pratique pour l'expédition des animaux (veaux, vaches, bœufs, moutons, porcs).

La première équipe officielle qui remonte aux années 31-32 était ainsi constituée : Gardien: Clément Latger - Arrières: Augustin Vincent et Paul Cousse - ligne de demis : Raynaud ; Elie Auriol ; Robert Baïssade - Avants : Edouard Maurel ; Ernest Daydé ; René Limes et Poutou. Les couleurs du club étaient vertes et blanches, le maillot rayé verticalement. Le gardien de but avait la même tenue que les joueurs de champ. Lorsque les maillots furent usés certainement jusqu'à la corde et qu'il fallut se décider à renouveler la garde-robe, on ne trouva pas un jeu de maillot vert et blanc. Qu'importe, on adopta un jeu aux couleurs jaunes et noires et c'est ainsi que depuis lors les couleurs de l'Union Sportive Soualaise furent "sombre et or" !

Le club ne disposait pas de stade, à plus forte raison de terrain fixe. Les footballeurs étaient tributaires de la générosité ou de l'humeur d'un propriétaire suivant aussi la rotation des cultures. Chaque saison, les dirigeants et les joueurs déplaçaient les poteaux de but d'une jachère à l'autre. Tour à tour, le terrain se situa route de Dourgne, puis à Granier, à la Métairie Grande, aux Nauzes et les décrassages d'après matchs s'effectuaient dans l'eau boueuse des fossés qui bordaient le champ. Les limites du terrain variaient du simple au double suivant la superficie que l'on disposait. Le rond central et le point de pénalty constituant les seuls repères.

Au début, entre les deux guerres, il n'y avait pas de championnat tel que nous le connaissons aujourd'hui, avec des règles bien précises appliquées par des arbitres officiels. Cela était réservé à l'élite nationale avec les clubs de Charleville ; Roubaix ; Le Havre ; Colmar ; Sète ; Marseille ; Le racing club de Paris et le Red Star. Sur le plan régional, Cazères ; Revel ; Castres ; Cugnaux ; Carmaux ; Graissessac ; Bourrassol et la Juncasse faisaient la loi.

A Soual, on s'organisait au jour le jour, les matchs étaient conclus dans la semaine avec les équipes voisines et cela se cantonnait souvent à des duels fratricides qu'à des rencontres sportives : Sémalens ; Saïx ; Vielmur ; St Paul-Cap-de-Joux ; Sorèze ; Puylaurens étaient nos adversaires les plus fidèles. Parfois, une rencontre était organisée contre Castres ou contre l'équipe militaire en garnison à Castres. Ces rencontres étaient vécues comme une finale de Coupe de France ! Il y avait des buts mais aussi beaucoup de coups et de bosses et de temps en temps quelques mémorables batailles rangées qui entretenaient les conversations dans le pays durant toute une semaine. Inutile de préciser que les arbitres (bénévoles et courageux) qui officiaient appartenaient toujours au club qui recevait. Il valait mieux avoir au moins le public avec soi, cela rassurait l'officiant et assurait sa survie en cas de contestation, car les spectateurs étaient plutôt chauvin et belliqueux. Un dimanche, un 'homme en noir", poursuivi par une foule exarcerbée dut se cacher sous le pont de Soulet pour ne réapparaître qu'à la nuit tombée pour aller retirer ses effets personnels, cachés derrière un buisson !

Voici maintenant la liste des valeureux dirigeants qui oeuvrèrent pour la société de football : M. Roger Donadille, président-fondateur, instituteur ; le docteur Timoléon Gourdou ; le docteur André Pitié ; M. René Rouanet, épicier ; M. Jean Murel, quincaillier ; le docteur Franck Albert ; M. Lucien Frède, exploitant agricole ; M. Pierre Maury, industriel ; M. Emile Lau, assureur ; M. Yves Alaux, inséminateur ; M. Marcel Belloc, expert comptable.

Lorsqu’en 1938-39, le docteur Gourdou prit la présidence du club, l'équipe était déjà solide, bien structurée et redoutable, elle triompha un jour d'une équipe venue de Toulouse ! La formation de cet exploit était ainsi composée : Gardien : Lucien Teste ; arrières : Vincent et Cousse ; Milieu : Auriol ; Puginier ; Boutes II ; Avants : Delon ; Boutes I ; Prat ; Planques et Rastoul de Castres.

Hélas, la guerre 39-45 prit 2 grands jours de l'union sportive, le gardien Lucien Teste (30 ans), fantastique mais doté d'une souplesse peu commune, aux arrêts diaboliques, un des meilleurs gardiens que connut la société et René Boutes (26 ans), équipier modèle qui était promis à un bel avenir.

Après la guerre, le district du Tarn organisa un championnat officiel réparti entre plusieurs poules avec montée et descente automatique des 2 premiers et des 2 derniers. On distinguait la 4ème division ; la 3ème division ; la 2ème division et la 1ere division, ensuite la Ligue du Midi prenait le relais avec un championnat de Promotion, puis de Promotion d'honneur, de division d'honneur avant d'accéder au championnat de France amateur, la fameuse CFA.

Soual s'est toujours maintenu en première ou deuxième division de district dans un championnat particulièrement relevé avec les clubs de Blaye les mines ; Caynac-les-Mines ; Cordes ; St Sulpice ; Réalmont ; Lacaune ; et avec des derbys âprement disputés contre Puylaurens ; Saix ; Labruguière ; Sorèze ; St Amans et Pont de l'Arn. Dès 1946, Soual disputa la finale de 1ere division contre St Amans sur le terrain neutre de Labruguière pour la montée en Promotion de Ligue du Midi. Soual l'emporta par 2 à 0 et accédait en Ligue du Midi. L'équipe était ainsi composée : Gardien : Angel Cérésoli ; Arrière central : Jean Boutonnier ; arrières latéraux : René Puginier et Vincent ; demi-ailes : Louis Rieucau et Soulayrac de Viviers ; Avants : Claude Rieucau ; Jean Maurel ; Blavy (de Sémalens) ; Louis Blanc et Francois Baby. Hélas, le budget du club ne permit pas la montée en division supérieure ; St Amans plus riche financièrement remplaça Soual. Il y eut une longue traversée du désert, beaucoup de dépit, et les jeunes prirent la place des anciens et le club vécut et remporta beaucoup de succès avec les Paulin ; Regestre (de Sorèze) ; Culié ; Cochelin ; Aussarresses ; Bousségui ; Olombel; François Ibarz. L'organisation des Cavalcades remplit les caisses et Pierre Maury fit venir deux joueurs de Toulouse, pour renforcer l'équipe : Pierre St Marti (ceinture noire de judo en outre) et Pemmartin. Il y eut ensuite la filière Castraise avec Sanchez (libéro) ; Frédo Garcia (demi-défensif) ; Gonzales (inter Gauche). Soual engagea même son premier joueur-entraîneur : Abel Passarin (ex- Castres et Revel). Pendant ce temps, de nouveaux joueurs locaux furent formés : Yves Alaux ; Françis Belera ; Hubert de Joccas ; Sallier ; Joseph Ibarz (dit Jef).

Lorsque le docteur Albert prit le club en main, son objectif était particulièrement ambitieux : la montée et le maintien en Promotion de Ligue et L'Union Sportive demeura 14 saisons parmi l'élite régionale échouant de peu à deux reprises la montée en division d'honneur. Grâce à M. Gérard Heuillet, Soual posséda à cette époque d'un stade fixe avec vestiaires et douches sur la route de Castres. Les buts étaient munis de filets, mais le terrains ne correspondait aux normes officielles et L'Union Sportive utilisa cette pelouse que grâce aux dérogations exceptionnelles accordées par la Ligue. Ces dérogations durèrent 14 années !

Ne connaissant plus de problèmes financiers grâce à l'apport des bénéfices réalisés par les cavalcades, lesquelles étaient devenues très populaires et grâce également au chéquier du docteur Albert, Soual entreprit une grande politique de recrutement mais toutefois tout en sauvegardant une excellente politique de jeunes ce qui permit finalement à la société de continuer à exister jusqu'à nos jours.

Les adversaires de l'Union Sportive n'étaient autre que des clubs très huppés : Auzat ; Revel ; Castelnaudary ; Carcassone ; Balma ; Decazeville ; Naucelle ; Marvejols ; Barraqueville ; Montauban ; Mazères. Pour soutenir la comparaison avec de tels clubs prestigieux, le docteur Albert fit appel à des mercenaires ; de Mazamet : Rouanet ; Limouzy ; le gardien Fabre, l'un des meilleurs de la Ligue ! ; Bourrel et Alfonso Cardenas (ex-international junior espagnol) ; de Revel : le gardien Léonidas Fortunato ; le ténébreux Doumic ; de Sorèze : Michel Auriol, aujourd'hui Maire de Soual ; le libéro Le Foll, de Revel encore, l'ailier Vidal ; de Puylaurens, Barbaste ; de Dourgne : René Estève ; Edmond Saissac (dit momond) ; René Laberty ; Jacky Bastié ; Lartigue ; le puissant avant centre Jean Luissel qui devait disparaître en mer au cours d'une croisière avec des amis au large de Gibraltar ; de Castres : arriva Guirola ; Valès ; de Pont de l'arn : Houlès ; de Labruguière : Ranc; de Luzenac : Saëz.

Il y eut également l'arrivée de bons entraîneurs dont bénéficièrent les jeunes du club : Après Abel Passarin, fin tacticien, on profita de la science d'André Secerov, ex-international Yougoslave, l'homme qui "fit" Just Fontaine au Maroc ; le Suisse Grosjean (ex-Mazamet) ; Jany Biau de Mazamet et que dire du renfort de Jordana, le meilleur avant-centre de Midi Pyrénées à l'époque.

Après la disparition du docteur Albert dans un accident de la route et l'abandon des cavalcades pour manque de main-d’œuvre pour confectionner les chars et aussi pour manque de volonté, grâce à sa jeunesse la société continua. Il y eut une nouvelle traversée du désert, mais la pépinière joua son rôle, et certains Soualais vinrent même renforcer les clubs de Promotion de la région : Santo Danieli à Castres ; Regis Grandclaude à Sochaux ; Roland Najac à Lafrançaise ; Combes au Paris Football Club et à Martigues ; Marc Ibarz et Jean Marie Sabarthès à St Amans. A Soual, Gilbert Papaïx prit les choses en main et la société continua à former des jeunes et à espérer.

Il y eut l'épisode de l'équipe corporative du Laboratoire Fabre constituée en grande partie d'éléments Soualais. A ce sujet, il y eut beaucoup de malentendu et d'incompréhension. Aujourd'hui, cette plaie s'est refermée et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. L'Union Sportive fournit à l'équipe du Labo les 3/4 de son effectif et son entraîneur emblématique Jean-Michel Filhol.

Avant d'observer une pause entre deux générations, il convient de se remémorer cette pépinière d'excellente qualité dont l'Union Sportive Soualaise peut être fière : Gardien : Jean-Luc Balarot ; Stoppeur : Ali Khennouche ; le libéro : Pierrot Delpas ; arrières latéraux : Jean Marie Sabarthès (dit Babar) et Leon ; demis : Nestor Combes et Rafa ; attaquants : Christian Raynaud ; Marc Ibarz ; Baptiste ; Daniel Veaute. Cette équipe a fait trembler bien de clubs !

Il y a encore, le monde des dirigeants dont on ne peut passer sans l'évoquer : tout d'abord, Roger Carrié, le plus ancien dirigeant de club en activité dans toute la ligue du Midi ; Liberto Cambra ; René Milhorat ; Henri Aussarresses ; René Cilié ; Gérard Serres , Basile Pouzens et bien d'autres encore dont j'ai oublié les noms, honte à moi !

Aujourd'hui, le flambeau semble vouloir illuminer tous les espoirs à nouveau, Félicitations à tous, et que l'étendard sombre et or flotte haut au-dessus du nouveau complexe sportif de le Balonié.

Ecrit par ANDRE BARREAU

Pl Équipe Pts Jo G N P F Bp Bc Dif
1 US VALLEE THORE 57 18 12 3 3 0 44 19 0 25
2 LAGARRIGUE AS 57 18 11 6 1 0 33 17 0 16
3 F.C. GRAULHETOIS 56 18 12 2 4 0 55 28 0 27
4 ROQUECOURBE 45 18 7 6 5 0 37 27 0 10
5 BLAN AS 43 18 7 4 7 0 31 36 0 -5
6 BOUT PONT ARN 38 18 6 4 8 0 22 25 0 -3
7 F.C. PAYS MAZAMETAIN 37 18 5 4 9 0 29 39 0 -10
8 DOURGNE VIVIERS F.C. 37 18 5 4 9 0 17 32 0 -15
9 SOUAL US 36 18 5 3 10 0 22 30 0 -8
10 S.O. ST AMANTAIS 18 17 0 2 15 1 12 55 0 -43